IMG 4889La situation au Burundi

Pierre Nkurunziza, actuel président du Burundi se représente au scrutin pour briguer un troisième mandat présidentiel.
Alors que les Accords d'Arusha de l'an 2000 qui marquaient la fin d'une guerre fratricide, stipulent qu'aucun président ne peut se présenter pour plus de deux mandats, la Constitution du Burundi, élaborée sur la base de ces Accords d'Arusha, souligne qu'un président ne peut être élu que pour deux mandats successifs au suffrage universel. Comme le président Nkurunziza a été élu par le parlement burundais en 2005 et non pas au suffrage universel par la population, il considère que son premier mandat de 2005 à 2010 ne compte, pour ainsi dire, pas, et que donc, il peut se représenter en juin 2015.
Samedi le 25 avril, son parti, le CNDD-FDD (Conseil National pour la Défense de la Démocratie-Forces de Défense de la Démocratie) a annoncé que Pierre Nkurunziza sera effectivement leur candidat aux élections présidentielles. La Cour Constitutionnelle a alors été saisie pour juger si cette candidature était recevable. Elle a donné son accord pour ce troisième mandat le 5 mai. Vendredi le 8 mai, l'actuel président a déposé sa candidature à la CENI (Commission Électorale Nationale Indépendante), un jour avant la clôture du dépôt des candidatures.

Les pressions du régime
Selon de nombreuses sources burundaises et internationales, cette candidature a seulement été possible suite à de nombreuses pressions par le régime. En effet, M. Sylvère Nimpagaritse, vice-président de la Cour Constitutionnelle du Burundi, a informé Radio France Internationale (rfi) dans une interview que les juges membres de la Cour Constitutionnelle étaient, dans un premier temps, d'accord pour déclarer irrecevable un 3e mandat du président Nkurunziza. Cependant, ils se trouvaient face à des pressions et des menaces de mort, notamment contre leurs familles. M. Nimpagaritse était donc le seul à dénoncer cette situation et à refuser de signer le document déclarant l'accord de la Cour Constitutionnelle. Il a quitté le pays le même jour avec sa famille, par crainte de répressions.
Les membres de l'opposition politique se trouvent surveillés et subissent également des pressions. Beaucoup disent recevoir des menaces de mort. Il en est de même des leaders de la société civile opposés à un troisième mandat du président. De nombreuses sources affirment qu'il existe une liste noire contenant les noms de ceux dont le régime voudrait se débarrasser.
La liberté de presse est également menacée. Dès les premiers jours des manifestations, la radio la plus écoutée au Burundi, la RPA (Radio Publique Africaine) a été fermée sur ordre du Ministère de la Justice. Même scénario pour la Maison de la Presse. Celle-ci a cependant rouvert ses portes entretemps, mais le studio qui sert aux différentes radios pour émettre des émissions communes reste fermé. Deux autres radios, Bonesha et Isanganiro, sont empêchées d'émettre en province, ce qui fait que la plupart du pays ne capte plus grand-chose en ce moment : la population rurale n'a pas de moyens de s'informer de la situation à Bujumbura. Il en découle que d'un côté, il est évité que la population rurale soit motivée de participer aux manifestations, d'un autre côté l'ignorance de la population laisse la place aux rumeurs. Des rumeurs qui font peur et qui augmentent le flux de personnes qui fuient vers l'étranger. Actuellement, selon l'UNHCR, ils sont déjà 25.000 au Rwanda, 8.000 en RDC et 17.700 en Tanzanie, donc quelque 50.000 en tout.

Une population qui ne veut pas se laisser faire
Dès l'annonce du parti CNDD-FDD de porter M. Pierre Nkurunziza candidat aux prochaines élections présidentielles, la population de la capitale Bujumbura est descendue dans les rues pour montrer son désaccord. Ces manifestations durent depuis le 26 avril. Les grands axes de la ville de Bujumbura sont bloqués par des barricades, des pneus brûlent et des centaines de personnes scandent des paroles et chansons contre ce 3e mandat. La police essaye d'arrêter les manifestants à l'aide de gaz lacrymogène et de ne pas les laisser s'avancer vers le centre-ville. Il y a des policiers qui tirent à balles réelles sur les manifestants. Certains disent que ce sont vraiment des membres de la police qui tirent sur les manifestants, d'autres disent que ce sont des membres du groupe de jeunes fidèles au président, les Imbonerakure, qui portent des uniformes et qui s'infiltrent dans le groupe des policiers. Jusque-là on compte 18 morts, la plupart d'entre eux sont des manifestants, quelques-uns sont des policiers, il y a également un militaire qui a succombé à ses blessures. Depuis le début des affrontements, plus de 200 personnes ont été blessées selon la Croix Rouge burundaise.

La population se dresse contre la milice du président, les Imbonerakure
La milice appelée Imbonerakure est constituée essentiellement par des jeunes partisans du président. Contre elle se porte la principale colère des manifestants. Selon les radios françaises, allemandes et burundaises, qui ont rencontré des réfugiés partis vers le Rwanda, la RDC et la Tanzanie, les réfugiés disent qu'ils sont partis de chez eux suite aux menaces de mort que leur ont adressées des Imbonerakure. Ceux-ci les auraient mis devant le choix de voter pour le président ou de se faire tuer. Les réfugiés racontent également que les Imbonerakure marquent d'une croix rouge les maisons des ménages à éliminer, procédé connu depuis les tueries de 1993. Selon d'autres témoignages de la population, la milice Imbonerakure commettrait en toute impunité des enlèvements et autres actes illicites. Ces derniers jours on observe que la colère de la population monte contre cette milice. A plusieurs reprises, les manifestants ont chassé puis arrêtés et quelques fois tué des jeunes dont ils croyaient, qu'ils étaient des Imbonerakure. Ceci était le cas jeudi dernier au quartier Nyakabiga de Bujumbura, où un jeune a été brûlé vif par les manifestants – ils disaient qu'il appartenait aux Imbonerakure. Cette violence a été durement sanctionnée par la police, vendredi le 8 mai en soirée, lorsque les policiers ont cherché les coupables dans ce quartier. Par la suite, les leaders du « Collectif contre le 3e mandat » ont exhorté les manifestants à rester pacifiques et à ne commettre en aucun cas des violences.

S'agit-il d'un nouveau conflit ethnique?
On entend de temps en temps des personnes dire qu'il s'agit d'un nouveau conflit ethnique et que ce sont les tutsis qui veulent arracher le pouvoir aux hutus. Il faut savoir que le président et la plupart des membres de son parti sont des hutus. Cependant, cette théorie ne tient pas la route, car les manifestants se révèlent appartenir à toutes les ethnies composant le pays, des hutus, des tutsis et des twas. On peut estimer qu'il s'agit donc d'une tentative d'ethniciser ce conflit qui est politique.

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