Selon le droit constitutionnel, les citoyens indiens sont égaux en droit et les discriminations fondées sur le sexe d’un individu sont formellement interdites. L’égalité des chances y est également garantie et les atteintes à la dignité des femmes sont prohibées. Sur un plan économique, cette même constitution prévoit par ailleurs que l’État adopte des dispositions particulières à l’égard des femmes et des enfants pour garantir des conditions de travail justes et adaptées et garantit l’égalité salariale. Mais même si les lois indiennes sont favorables aux femmes, leur application reste plus qu’inadéquate. La femme indienne souffre de discriminations et voit ses libertés atteintes au quotidien, que ce soit en public, à l’école, au travail ou à domicile. Dans la plupart des familles indiennes, les femmes ne possèdent pas de terre en leur nom propre et n'ont aucune part aux héritages fonciers malgré les lois protégeant la propriété des femmes. Quand une femme ose briser le silence et déposer plainte, les délits demeurent souvent impunis. Pourquoi les femmes sont-elles si discriminées en Inde ? Pour le comprendre, l’on doit s’intéresser aux traditions qui façonnent la société indienne : la pratique de la dot, le mariage arrangé, le système des castes, pour n’en citer que les principales. (pour plus d’informations, vous pouvez consulter l’article suivant : https://bit.ly/2Wsv7cn) Nombreux sont les indiens – hommes et femmes - qui croient qu’il y a une inégalité naturelle entre les deux sexes. Depuis leur plus jeune âge les filles sont élevées dans l’idée qu’elles ont le devoir de servir et satisfaire l’homme. Une femme en Inde existe d’abord par son statut social : sœur, mère ou épouse. Aujourd’hui de nombreux mouvements de lutte pour l’égalité des sexes sont actifs en Inde et un changement commence à se faire sentir dans les milieux urbains et parmi la classe moyenne émergeante. Mais les changements restent faibles sur un plan économique et social, en raison des lois qui ne sont pas appliquées et du poids des traditions. Comment parler de justice dans ce contexte ? En la revendiquant, en brisant le silence, en dénonçant les injustices, en sensibilisant le public sur les discriminations existantes et en renforçant les femmes indiennes pour que, elles, osent réclamer haut et fort une fin des injustices. C’est ce que fait Thresiamma Mathew avec son « Archana Women Centre ». Elle mène ce combat sans perdre haleine depuis de nombreuses années et partage.lu la soutient dans cet effort.
Denise RICHARD
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